Afrique | Les banquiers débordent d’ingéniosité – Société Générale

La Société générale met en place une démarche « d’innovation participative » avec ses managers africains, afin de tester de nouveaux produits et services sur des marchés qui ont leurs propres logiques, loin de celle de l’Europe. Parmi les concepts en test : des agents bancaires à… scooter.

Source La Tribune : L’Afrique, un marché bancaire aux multiples facettes

On est bien loin de l’aide humanitaire :
la Société générale veut mettre les bouchées doubles sur le continent africain, qu’elle estime en pleine expansion économique. De nombreuses banques ont fait le même pari. La banque française mise sur la clientèle des particuliers, relais de croissance d’un marché des services bancaires aux entreprises devenu très concurrentiel. Mais l’offre à destination des particuliers africains – dont 80% n’ont pas accès aux services bancaires.
C’est tout un système de business models qu’il faut inventer pour l’Afrique – un pour chaque pays du continent, tant les spécificités de la Côte d’Ivoire sont différentes de celles du Sénégal et sans doute plus encore de celles de Madagascar. Dans ce pays de 25 millions d’habitants, où la croissance économique tarde à repartir en raison d’une transition politique difficile et où 90% de la population gagne 1 à 2 dollars par jour seulement, le taux de bancarisation est de 5% seulement.

Des agents bancaires à scooter à Dakar
Au Maroc, où 55% de la population est bancarisée, ainsi que dans huit autres pays d’Afrique, la Société générale lancera également une offre de banque mobile d’ici à l’été 2016, offre qui permettra aux clients de consulter leurs comptes, d’effectuer des virements et de payer des factures, grâce à un partenariat avec la fintech française Tagattitude. La plateforme TagPay permet aux banques de proposer des services financiers aux populations “sous-bancarisées” via n’importe quel téléphone mobile (pas forcément un smartphone connecté à Internet).

Autre pays, autre innovation : au Sénégal, où 10% seulement de la population est bancarisée,
la Société générale teste un concept d’agents bancaires…à scooter. Manko, c’est le nom de ce concept basé à Dakar, est une filiale de la Société générale et bénéficie donc du statut d’IOB (Intermédiaires en Opérations Bancaires). Une vingtaine de commerciaux se rendent à scooter chez les clients et prospects, afin de leur permettre d’ouvrir un compte bancaire ou de solliciter un crédit. Le tout de façon digitalisée, les agents bancaires étant munis de tablettes. Ces agents, qui doivent avoir effectué plusieurs années d’études, sont rémunérés de façon fixe et variable et touchent ainsi quelque 450 euros par mois au total, alors que le salaire moyen à Dakar est de l’ordre de 350 euros.

Une démarche « d’innovation participative »
Si les clients de Manko tardent à honorer leurs échéances, les fameux agents à scooter se rendent à nouveau chez eux afin de procéder au recouvrement. “Les agents font en sorte d’être vus par l’ensemble du village, afin de jouer sur la fierté du débiteur. Et, si cela ne suffit pas, ils vont voir son épouse car ce sont les femmes qui gèrent le foyer.”, relate un responsable de la Société générale.
Conséquence, Manko affiche un coût du risque (provisions pour risques d’impayés) “compris entre 2,8% et 3,1%, stable depuis quatre à six mois”, indique son directeur général, Gaëtan Debuchy. “Lorsque nous avons bâti le business model de Manko, notre hypothèse de coût du risque était de 5% au maximum.”, complète Maymat Alexandre Maymat, directeur délégué du pôle Banque et services financiers internationaux à la Société générale et responsable de la région Afrique-Asie-Méditerranée et Outremer.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*